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La typographie, c’est quoi ?

La typographie, c'est quoi ?

La typographie est partout, que ce soit au coin de la rue, dans les messages apparaissant sur le téléphone, sur les emballages de produits de consommation et, bien sûr, dans tous les livres.

Toutes les informations que nous lisons utilisent les règles des arts graphiques : sélection des caractères, taille, mise en page et couleur. Qu’il s’agisse d’améliorer la lisibilité, de transmettre des émotions ou de persuader les consommateurs d’acheter un livre, la typographie est l’un des éléments les plus importants d’un livre, avec sa reliure, la conception de la couverture et le choix du papier. Avant d’aller plus loin, voici le vocabulaire typographique essentiel à la compréhension de cet article !

La graisse

La graisse définit l’épaisseur du signe. Le créateur dessine le plus souvent une graisse de base appelée romain ou normal et un gras. Certaines familles de caractères comportent de nombreuses variantes de graisses : extra-maigre (thin, extra-light), migre (light), romain (roman), normal (normal, regular), demi-gras (semi-bold), gras (bold), extra-gras (extra-bold, heavy), noir (black).

Typoggraphie

La chasse

La chasse d’un signe est sa largeur intrinsèque : un m chasse plus qu’un i. Certaines familles de caractères comportent des variantes dessinées en plusieurs chasses : serré (condensed), étroit (narrow), normal (normal), large (large), écrasé (extensed),. On emploie aussi ce terme pour parler de la surface qu’occupe te ou tel caractère comparé à un autre : “Un Garamond chasse plus qu’un Times”.

Dessin et corps

A l’origine, chaque corps de caractère était gravé indépendamment ; chacun portait d’ailleurs un nom : parisienne (corps 5), mignonne (8), cicero (12), etc. Avec l’évolution des technologies, le pantographe (appareil permettant de reproduire des formes en les réduisant ou en les agrandissant) a permis, dès la fin du XIXème siècle, l’utilisation d’un dessin commun à plusieurs corps.

La typographie fixe la langue et la rend visible. Le terme “typographie”, synonyme employé à l’origine pour désigner l’art du livre imprimé, a tendance à être considéré d’une manière plus sophistiquée de nos jours.

La typographie crée des liens visuels et logiques au sein d’un arrangement de lettres et d’autres caractères appropriés pour la tâche en cours. Son rôle principal consiste à rendre un texte aussi lisible que possible, et ainsi à faire de la lecture une expérience utile – en d’autres termes, captiver le lecteur.

Aussi, l’un des points cruciaux est de choisir la forme des lettres et la façon dont elles sont organisées en termes de création, en les assemblant afin qu’elles forment des mots, des lignes et des paragraphes ; c’est ce que l’on appelle la microtypographie. Un autre point important est le formatage, la mise en forme et le classement de la structure textuelle d’une surface ; cette étape est appelée macrotypographie. Même la couleur du papier est susceptible d’altérer la réceptivité du lecteur.

Les systèmes de mesure

La typographie  utilise ses propres unités et systèmes de mesure. En composition chaude, chaque lettre séparée était un poinçon, plus petit que la tige, dont les dimensions verticales déterminaient la taille des caractères d’une police. L’espace entourant la lettre était appelée le talus et la hauteur du corps était exprimée en points. Le point typographique est la plus petite unité du système de mesure permettant de fixer la taille, l’espacement et a hauteur de ligne d’une lettre. La typographie a vu émerger différents systèmes de mesure typographique au cours de son histoire. Bien que le corps ne soit qu’une valeur fictive dans les systèmes de réglages électroniques actuel, les fabricants de caractères continuent à respecter les dimensions traditionnelles standards. Les unités de mesure les plus utilisées aujourd’hui sont les tailles de point PAO et de point Didot. Les unités typographiques les plus importantes et leurs valeurs de conversion sont présentées dans le tableau page suivante.

La taille des caractères

Les facteurs suivants sont cruciaux pour établir la taille d’un caractère : le but dans lequel le caractère est utilisé, le support et les caractéristiques linguistiques du type de caractères. Les compositions typographiques fractionnent les tailles de caractères selon les 3 groupes suivants : 

  • Les tailles de références sont comprises entre 5 et 8 points. Elles sont utilisées pour les notes marginales, les notes de bas de page, les travaux de référence, les annuaires téléphoniques, les dictionnaires…
  • Les tailles de texte sont comprises entre 9 et 12 points. Elles sont utilisées pour le texte courant, dans les livres par exemple.
  • Les tailles d’affichage sont supérieures à 14 points. Elles sont utilisées pour les en-têtes ou pour les éléments textuels destinés à être lus à une grande distance, comme sur les affiches.

Le design d'une typographie

Le caractère ne peut pas véritablement être réinventé. Seules la forme externe et la structure de base peuvent être modifiées. 

Lors de la conception d’une police de caractères, les règles sont très clairement définies et ne laissent pas beaucoup de latitude au graphiste pour faire preuve d’originalité.

Clarté et discrétion sont des points essentiels, ou comme le ditAdien Frutiger :”si vous vous souvenez de la forme de la cuillère avec laquelle vous mangez votre soupe, c’est qu’elle a quelque chose qui ne va pas”.

Lorsque nous lisons un texte, nous assimilons et traitons de grandes quantités d’information. Les lecteurs doivent être capable de décoder ces informations de la meilleure façon possible. La seule volonté ne suffit pas pour développer une police de texte. Dans le design d’une police de caractères, l’apparance des lettres, mots, phrases doit faire l’objet d’une structure claire et organisée avec lucidité.

Si une police se réveille trop énergique, elle peut entraver la fluidité de la lecture. Pour que celle-ci soit aussi facile que possible, des compétences techniques de base et une connaissance de l’interaction entre les phénomènes de perception visuelle sont nécessaires lors du développement d’une police.

Les règles de base du design d'une police de caractère

  1. Buts : Décider de l’objectif, de l’orientation et des exigences techniques.
  2. Symétrie et différenciation : Une police est une entité homogène composée de caractères différents. Elle doit présenter un aspect uniforme en termes formel ; cela comprends des détails rythmique, des flux égaux, des épaisseurs de pleins visuellement identiques, des panses similaires, etc. Toutefois, les formes de base ne doivent pas être trop similaires, afin qu’il soit plus facile de les distinguer : Il faut trouver le bon équilibre.
  3. Structure de base des lettres : les lettres “H” et “n” communiquent les qualités essentielles d’une police de caractères. Elles déterminent la hauteur de l’oeil et ses différentes proportions, telles que, l’épaisseur des pleins, la chasse, les panses etc…
  4.  Graisse des lettres : La graisse des lettres en bas de casse est plus faible que celle des lettres majuscules.
  5. Chasse des lettres : le “m” ne doit pas être un double “n” ; le blanc du “o” doit être identique à la largeur optique du “n” ; Le “u” doit toujours être un peu plus étroit que le “n”.
  6. Formes arrondies : Les lettres avec les courbes horizontales (“o” et “n”) doivent êtres placées au-dessus ou au-dessous des lignes de caractères imaginaires car dans le cas contraire, elles apparaissent trop petites dans l’image d’ensemble.
  7. Hampes et jambages : Les jambages d’une police ne doivent jamais être plus courts que les hampes. Les hampes en bas de casse (“f”, par exemple) doivent toujours être légèrement plus hautes que les lettres en haut de casse.
  8. Hauteur de traverse : La barre transversale d’un “H” se trouve au niveau du centre optique, et non du centre mathématique. Cela s’applique à toutes les lettres qui sont divisées en 2 telles que “A”, “B”, “K”, “S”, “X”…
  9. Hampes supérieures diagonales et en gras : Les hampes supérieures, comme celles que l’on peut trouver dans “A” et “N” sont plus fines que les hampes inférieures. Les barres diagonales qui se terminent librement (“Z”) s’effilent vers le point d’intersection. Les lignes de la croix du “X” ne sont pas perçues comme des droites, mais décalées l’une par rapport à l’autre ; elles s’enroulent également de façon légèrement conique vers le point d’intersection. Les barres horizontales sont toujours dessinées plus étroitement que les pleins de sorte qu’elles paraissent identiques.
  10. Le jeu de caractères : Une police comprend bien plus de caractères que 26 lettres ; les chiffres et d’autres groupes de caractères doivent être adaptés à l’image d’ensemble.
  11. L’espacement d’une police de caractères : Les trous visibles et les espaces inutilement étroits entre les lettres et les mots rendent difficile l’identification des mots et phrases, et par conséquent d’espaces entre les lettres qui restent identiques. Ceux-ci doivent être ajustés à la taille de la police, à la chasse, aux blancs de lettre et à la graisse du plein. L’espacement est principalement obtenu par le réglage des lettres “H”, “n”, “o”, et “O”.
  12. Crénage d’une police de caractères : Plus le réglage a été effectué soigneusement et la forme des caractères conçue avec soin, moins le crénage sera nécessaire. Le crénage est toujours essentiel pour la création de zones blanches d’apparence similaire. Il devrait néanmoins être réservé aux paires de caractères les plus fréquentes.

Nous espérons que cet article vous aura fourni quelques bases sur la typographie ! Vous pouvez, pour tous vos projets print ou web, demander un devis ici !

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